Contexte actuel

En France, l’enseignement de la conduite et de manière plus générales l’obtention d’un permis de conduire se fait traditionnellement par un passage en auto école. En 2012, nous pouvions compter sur 7618 agences réparties sur le territoire afin de satisfaire les besoins de plus de 1 500 000 candidats par ans. Ces agences employaient cette même année 26452 personnes à des postes de secrétaire, enseignant, directeur pédagogique pour la plupart. En 2014, deux jeunes entrepreneurs ont entrepris de disrupter (bouleverser un marché en suivant le modèle économique de l’innovation disruptive.) le marché des auto écoles avec comme objectif l’ Uberisation du permis de conduire et comme slogan « Passez le permis sans engagement et au prix juste. »

L’idée séduisante

Ornikar, créée par Alexandre CHARTIER et Benjamin GAIGNAULT, propose un service inédit et inspiré des US et en particulier par UBER. Leur idée, monter un site internet sur lequel les candidats au permis de conduire pourrons réserver des cours de conduite, en ligne, près de chez eux et noter leur enseignant. Cette leçon étais annoncée en Juin 2014 au prix de 34,99€ de l’heure. 20€ moins cher que dans mon agence. Mais comment peuvent t’ils proposer des leçons de conduite partout en France à ce prix ultra compétitif ? La réponse est très simple, disposer d’un réseau de Moniteurs partout en France (près de 500) employés sur le statut d’auto entrepreneur. Sur le papier l’idée semble séduisante pour le consommateur me direz vous mais comme la France n’est pas les US, il y a des barrières, des obstacles et des freins.

En Juin 2014,L’UNIC est le premier syndicat à avoir enclenché le bras de la justice, nous pouvons lire à ce sujet le communiqué de presse du syndicat des patrons d’auto écoles. Ils ont fait condamner Ornikar à fermer tous ses sites internet et Facebook, ses comptes Twitter sous astreinte de 10 000 euros par jour à compter de la signification du jugement. La Cour d’Appel de Paris acte qu’Ornikar a pratiqué cette activité en dehors de tout cadre légal, sans agrément préfectoral, sans local et à l’aide de moniteurs indépendants non agrémentés. Coup de tonnerre chez Ornikar. Rappelons qu’ Ornikar a fait des émules car plusieurs startups ou Auto écoles en ligne ont vu le jour à Paris et à Lyon (Ils ont obtenus leur agrément).

C’est le cas de Permigo.com , Auto-ecole.net , lepermislibre.fr et envoituresimone.com.

Comment je vois la chose ?

Pour être tout à fait franc, j’ai deux avis sur la question mais pour l’exercice je vais vous communiquer la pensée dominante. Je pense que la technologie à pour but d’améliorer la vie des gens, cet ainsi qu’elle est conçue. Je pense que vous avez payé trop cher le prix d’une mesure réglementaire « stupide » et qui ne favorisait pas vraiment la concurrence entre établissements. Ce système est la méthode nationale d’attribution de places d’examens. Il a d’ailleurs été dénoncé récemment par l’autorité de la concurrence qui propose une mesure légèrement différente. En gros, moins il y a de places d’examens sur le marché et plus elles ont de la valeur. Elles sont l’atout des auto écoles. Mais vous, élèves êtes otages de ce système. Les mesures de la loi Macron entrent prochainement en vigueur pour ce qui est de l’examen de code. Nous verrons comment vous, élèves allez vivre cela.

Pour revenir sur ma vision de la chose : Je voterais pour un « système » mixte entre d’une part les Auto écoles traditionnelles et les auto écoles en ligne pour assurer le fonctionnement traditionnel de la formation. Et d’autre part, la possibilité pour les candidats libre ou pour les candidats insatisfaits de leur établissement de pouvoir bénéficier d’un enseignant indépendants en ligne, en complément de leur formation, une sorte de « prof particulier ». Je veux affirmer par là, donner la possibilité à un enseignant diplômé de pouvoir obtenir un agrément de la préfecture, sans pour autant devoir se constituer en auto école avec une agence physique. Cela nous permettrais de pouvoir nous concentrer sur des élèves avec un besoin spécifique (ceux qui ont vraiment du mal) sans pour autant avoir à payer un local, une secrétaire et toutes les autres charges relatives à une agence. Dans ces conditions, le prix de la leçon de conduite pourrait être abaissée à 30€ (comparé à 55€ aujourd’hui).

L’enseignant ayant la fibre entrepreneurial pourrait travailler à son compte et ceux qui auraient une préférence pour le salariat continueraient à travailler dans les conditions d’aujourd’hui. Rappel : Le nombre d’enseignants de la conduite est constant, les conditions d’obtention du BEPECASER seront revues dans les mois à venir. Cette idée aurait une action neutre sur l’économie de la profession et bon nombre de petits exploitants d’auto écoles comme je le suis se sentiraient mieux.